Workshop international sur l’Académie berlinoise au temps des Lumières

Workshop international sur l’Académie berlinoise au temps des Lumières le 19 mars, 26 mars et 16 avril 2021 en distanciel. 3 séances, 15h à 18h. Organisation par Stefanie Buchenau (Université Paris 8), Christian Leduc (Université Montréal, CA) et Niels May (IHA, Paris). Avec le soutien de l’UR 1577 Les mondes allemands.

L’Académie de Berlin au temps des Lumières

Die Berliner Akademie in der Aufklärung

Journées d’étude en ligne

(19 et 26 mars, 16 avril 2021)

Organisation :

Stefanie Buchenau (Université Paris 8 – Vincennes-Saint Denis)

Christian Leduc (Université de Montréal)

Niels F. May (IHA)

 

L’Académie royale des sciences de Prusse à Berlin a-t-elle marqué de manière décisive l’histoire de la philosophie allemande ? Il est d’usage d’y voir un rassemblement d’esprits médiocres, qui auraient certes favorisé l’éclosion de grands textes en formulant quelques questions de concours demeurées célèbres, mais qui n’auraient pas eux-mêmes produit d’œuvre de quelque importance.

La numérisation récente de nouvelles sources, dont la totalité des mémoires académiques, permet de rectifier quelque peu cette image convenue. Celles-ci montrent un lieu bouillonnant de recherche franco-allemande et internationale qui, au milieu du XVIIIe siècle, attire l’attention de toute l’Europe : ses débats se déroulent en latin, en allemand et en français, entre chercheurs d’origines diverses (surtout française, allemande et suisse), qui dans certains cas (par exemple La Mettrie) trouvent auprès de Frédéric II et de son Académie un asile politique. La langue de travail est le français, langue dans laquelle sont publiés les mémoires, mais des auteurs germanophones comme Mendelssohn, Herder ou Kant participent également aux discussions, à travers les questions aux concours lancées par les différentes sections.

Ainsi, l’Académie semble en elle-même incarner l’esprit d’ouverture, de cosmopolitisme et de tolérance cher aux Lumières. Selon le président Maupertuis, un »esprit académique« et collectif doit être le fondement de la recherche et favoriser le dialogue et le travail d’une communauté de savants : d’où une tendance à dépasser les limites du travail strictement académique, manifeste dans la controverse autour du principe de moindre action, mais dont certains échanges divisèrent des membres importants. Les publications de l’Académie, ainsi que les recensions critiques qui en sont faites, dans plusieurs journaux européens et allemands dont la Allgemeine Deutsche Bibliothek, la Neue Deutsche Bibliothek et le Philosophisches Magazin, assurent en outre une diffusion rapide de ces idées dans toute l’Europe. Puisque l’Académie de Berlin est la seule institution de ce type à s’être pourvue d’une classe de philosophie spéculative, elle y suscite des débats particulièrement vifs, sur des sujets variés et encore négligés : il en va de la fécondité philosophique de cette longue tradition rationaliste qui est celle de Leibniz et Wolff, de questions de méthode et de systématicité, de métaphysique, philosophie naturelle, mais aussi de psychologie, anthropologie, esthétique, morale et politique.

Notons enfin que l’Académie passe par plusieurs moments de transformation et de restructuration. Après sa fondation par Leibniz, en 1700, elle connaît un moment d’essor et d’ouverture sous le règne de Frédéric II (1740–1786), puis, entre 1786 et 1797, une première phase de réorganisation sous Frédéric Guillaume II et son ministre Hertzberg qui, tout en promouvant un certain esprit allemand et l’accueil d’un plus grand nombre de représentants des Lumières berlinoises, réduit le nombre de membres étrangers. Ce moment est suivi par une seconde phase de restructuration, plus profonde qui s’étend de 1797 à 1812 et engage Niebuhr et les frères Humboldt. Cette journée d’étude vise à étudier ces évolutions et activités philosophiques et scientifiques de l’Académie au sein des Lumières allemandes, françaises et européennes.

 

Première séance. 19 mars 2021, 15h–18h (heure de Paris)

15h Stefanie Buchenau (Paris) et Christian Leduc (Montréal)
Introduction et aperçu historique

15h30 Eberhard Knobloch (Berlin)
La conception leibnizienne d’une académie des sciences

16h15 Pause

16h30 Tinca Prunea-Bretonnet (Bucarest)
Métaphysique et éclectisme : l’héritage thomasien à l’Académie de Berlin

17h15 Annelie Grosse (Berlin)
The Free Will Debate at the Berlin Academy : Formey’s and Merian’s Metaphysical Considerations on Liberty and Necessity

 

Deuxième Séance. 26 mars 2021, 15h–18h (heure de Paris)

15h00 Daniel Dumouchel (Montréal)
Réceptions berlinoises de Rousseau : Sulzer, Mendelssohn, Formey

15h45 Paola Rumore (Turin)
The Berlin Academy and the Question of Immortality

16h30 Pause

16h45 Ansgar Lyssy (Heidelberg)

Against Teleology in Physics – the Early Backlash against the Principle of Least Action

17h30 Angela Ferraro (Laval)

L’obscurité à l’époque des Lumières : sur le statut de l’inaperçu à l’Académie de Berlin

 

Troisième Séance. 16 avril 2021, 15h–18h30 (heure de Paris)

15h François Duchesneau (Montréal)
Une controverse : le principe de la moindre action de Paris à Berlin et retour

15h45 Christian Leduc (Montréal)
L’hypothèse métaphysique chez Béguelin

16h30 Pause

16h45 Nigel DeSouza (Ottawa)
Herder’s 1780 Berlin Academy Prize Essay on the Reciprocal Influence of Government and Science

17h30 Elisabeth DÉcultot (Halle/Berlin)
L’Académie de Berlin vue de France au XIXe siècle : quelques constructions historiographiques

18h15 Discussion finale